Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural de Côte d'Ivoire
Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural de Côte d'Ivoire présente les mesures du gouvernement pour stabiliser le marché du cacao en Côte d'Ivoire face à la chute des prix internationaux et aux défis logistiques de la campagne 2025-2026.
Abidjan, 20 janvier 2026 (crocinfos)---La conférence de presse du ministre d'État Kobenan Kouassi Adjoumani, relative à la gestion de la commercialisation du cacao en Côte d'Ivoire, présente une réaction du gouvernement face aux difficultés rencontrées durant la campagne de production 2025-2026. Cette prise de parole s'inscrit dans un contexte de crise des prix internationaux et de congestion des circuits logistiques. L'analyse critique de cette intervention met en lumière plusieurs éléments.
Kobenan Kouassi Adjoumani, ministre d'Etat, ministre de l'Agriculture et du Développement rural de Côte d'Ivoire commence par un rappel des efforts préalables du gouvernement, notamment la vente anticipée de 85% de la production estimée, une démarche qui a permis de garantir un prix de 2800 F CFA/kg pour les producteurs. Ce prix, visiblement supérieur à celui des autres pays producteurs, s'inscrit dans une politique de soutien aux producteurs face aux fluctuations du marché mondial. Cependant, la chute de 30% des prix internationaux entre septembre 2025 et le moment de la conférence soulève la question de la vulnérabilité de cette approche face à des éléments extérieurs. La réponse du gouvernement, bien que structurée, semble mise en place en réaction à un contexte défavorable plutôt qu'en anticipation des variations du marché mondial.
Le ministre évoque la pression exercée par les flux transfrontaliers, où les pays voisins appliquent des prix plus bas, contribuant à des tensions et à un marché parallèle. Bien que cette situation soit compréhensible dans un contexte de libéralisation des prix, la solution apportée par le renforcement de la surveillance des frontières et l’enlèvement des surplus semble insuffisante pour endiguer les conséquences d'une telle dynamique. Il est également question de l'implication d'opérateurs nationaux dans le processus d'achat et de stockage, ce qui constitue une démarche de renforcement des capacités locales. Cependant, la gestion des frontières et la coopération avec des acteurs privés ne garantissent pas nécessairement la transparence et l'efficacité du mécanisme, surtout face à des pressions extérieures.
La proposition de mise en œuvre immédiate des mesures, avec un inventaire des stocks invendus et un dispositif d’achat garanti à 2800 F CFA/kg, montre un gouvernement réactif mais dépendant de la coopération d'acteurs multiples. La stratégie de décongestion des stocks et de fluidification des achats semble efficace sur le papier, mais l'implication d'un grand nombre d'acteurs peut engendrer des dysfonctionnements logistiques, comme cela a été mentionné précédemment.
Dans l’ensemble, la conférence met en avant une gestion gouvernementale proactive, mais elle soulève également des interrogations quant à l’efficacité des mesures mises en place face à un marché mondial volatil et aux défis logistiques internes. Si la démarche vise à garantir des revenus stables pour les producteurs, la mise en œuvre de ces actions nécessite une attention continue, particulièrement pour éviter les dérives économiques et logistiques. Le gouvernement semble avoir pris des mesures raisonnables, mais la réussite dépendra de l'application et de la coordination entre tous les acteurs concernés.
Sériba Koné