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C R O C I N F O S

[Konan Raymond et l’affaire d'extorsion à 33 millions de FCFA] Corruption au Conseil régional du Bélier (fin)

[Konan Raymond et l’affaire d'extorsion à 33 millions de FCFA] Corruption au Conseil régional du Bélier (fin)

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Le président du Conseil régional du Bélier, Konan Raymond, est accusé de couvrir les exactions de son DAF, Kah, impliqué dans une extorsion de 33 millions de FCFA. Une enquête révèle des pratiques de corruption à grande échelle.

Abidjan, 31 décembre 2025 (crocinfos)---Dans un contexte où la lutte contre la corruption est un enjeu majeur pour la Côte d'Ivoire, l'affaire qui implique le président du Conseil régional du Bélier, Konan Raymond, ne passe pas inaperçue. En effet, ce dernier semble jouer un jeu particulièrement risqué, en apparence innocent, mais en réalité ô combien dangereux pour sa réputation, pour celle de l’institution qu’il dirige, et plus largement pour la crédibilité du système politique et administratif du pays. Accusé de couvrir des exactions commises par son Directeur des Affaires Financières (DAF), Kah, Konan Raymond tente de se dédouaner en feignant l'ignorance. Mais les faits, eux, sont clairs, et les preuves s’accumulent : 33 millions de FCFA ont été extorqués à l’opérateur économique Koffi Armand N’Dri par le biais de son DAF, sous prétexte de formalités administratives liées à des projets dans la région du Bélier. Les fonds, récoltés de gré ou de force, ont fini dans les poches personnelles du fonctionnaire, avec, semble-t-il, la bénédiction tacite de la hiérarchie.


Une affaire qui éclate au grand jour

Tout a commencé lorsque Koffi Armand N'Dri, un entrepreneur local, a décidé de dénoncer publiquement l'extorsion dont il a été victime. Selon ses déclarations, Kah, le DAF du Conseil régional, lui aurait demandé plusieurs millions de francs CFA en échange de la facilitation de procédures administratives liées à des projets d’infrastructure dans la région. Ces demandes de fonds seraient présentées comme étant des "frais administratifs" pour permettre la bonne réalisation des projets. Mais une fois l’argent versé, le DAF ne se contente pas d’accomplir des démarches administratives, il emporte les fonds pour son propre enrichissement personnel. L'opération aurait eu lieu avec la complicité, si ce n'est l’aval, du président du Conseil régional, Konan Raymond.

Il est important de souligner que, dans cette affaire, les faits ne semblent pas laisser de place au doute. Plusieurs sources internes au Conseil régional confirment que Konan Raymond était bien informé des agissements de son DAF. Des rapports financiers suspects, des réunions internes où ces sujets ont été abordés, des transferts d’argent non justifiés : tout laisse à penser qu’il existe une complicité, qu’elle soit active ou passive. Le président du Conseil régional, loin de sévir contre son subordonné, a au contraire permis à ce dernier de se livrer à de telles pratiques.


Un déni suspect

Interrogé par le Directeur Général de L’Enquêteur, Konan Raymond a choisi de se dérober à ses responsabilités, en déclarant que cette affaire était "l’affaire exclusive du DAF". Une déclaration qui semble davantage chercher à faire porter le chapeau à son subordonné plutôt qu’à prendre en charge un problème de gouvernance qui le concerne directement. En choisissant de se dissocier de l’affaire, Konan Raymond prend le risque d’être perçu comme un chef d’institution qui se cache derrière ses employés, plutôt que comme un responsable capable de maintenir la rigueur et la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Mais cette tentative de dédouanement ne convainc pas. En effet, des documents internes et des témoignages concordants révèlent que Konan Raymond n’ignorait rien des exactions commises par Kah. Des rapports financiers douteux, qui montrent des incohérences dans la gestion des fonds publics, circulaient dans les bureaux du Conseil. De plus, des réunions internes avaient eu lieu où ces questions de gestion défectueuse et d’extorsion avaient été abordées sans que le président ne semble réagir. Cette complicité passive est particulièrement grave dans un contexte où les autorités ivoiriennes mènent une lutte contre la corruption, notamment dans les collectivités locales, et où les attentes vis-à-vis des responsables politiques et administratifs sont particulièrement élevées.


Des pratiques douteuses au sein du Conseil régional

Le Conseil régional du Bélier, dirigé par Konan Raymond, semble être un terrain propice à des pratiques douteuses et à la corruption systématique. Il n'est pas rare que des opérateurs économiques se plaignent de devoir verser des sommes d’argent à des responsables locaux pour obtenir des marchés publics ou simplement faire avancer leurs projets. Ces pratiques sont souvent qualifiées de "taxes informelles", mais en réalité, elles sont l'expression d'une concussion flagrante : des fonctionnaires, sous couvert de formalités administratives, extorquent des fonds à des citoyens ou à des entreprises, les forçant ainsi à payer pour des services auxquels ils ont droit.

Konan Raymond, élu en 2020 pour redresser la barre et apporter une nouvelle dynamique à la gestion locale, semble plutôt avoir créé un système où les opérateurs économiques sont contraints de payer pour exister. En échange de leurs projets, ils doivent s'acquitter de frais de corruption, souvent déguisés en "frais administratifs" ou en "frais de facilitation". Une situation qui va à l’encontre de l’idéal de bonne gouvernance, et qui fragilise encore un peu plus la crédibilité du système politique ivoirien.


Un homme de pouvoir au service du système ?

Le président du Conseil régional du Bélier semble avoir choisi de protéger son DAF, Kah, en dépit des preuves accablantes. Une telle attitude expose non seulement sa propre réputation, mais aussi celle de l'institution qu’il dirige. Les autorités judiciaires devraient-elles être saisies de cette affaire ? Actuellement, aucune plainte officielle n’a été déposée, mais la pression médiatique, ainsi que les témoignages de victimes comme Koffi Armand N’Dri, pourraient bien inciter à l'ouverture d'une enquête plus approfondie.

Dans ce contexte, il est légitime de se demander si Konan Raymond n'est pas complice de ces pratiques, voire le principal instigateur. En protégeant son DAF, il montre un manque flagrant de leadership et d'intégrité, qui met en péril l'avenir du Conseil régional du Bélier, mais aussi la lutte contre la corruption menée par les autorités ivoiriennes. Une telle situation constitue un véritable défi pour les institutions ivoiriennes, qui peinent déjà à restaurer la confiance du peuple dans ses responsables politiques.


Des réformes urgentes pour éviter de nouvelles dérives

Le cas de Konan Raymond et de son DAF, Kah, démontre la nécessité de réformes profondes dans la gestion des finances publiques en Côte d’Ivoire. Le système actuel est propice à des pratiques de détournement de fonds et de fraude. Pour éviter de nouvelles dérives, des réformes sont indispensables, notamment dans la gestion des marchés publics et des transactions financières locales.

Des réformes telles que la modernisation des systèmes financiers, l'informatisation des processus comptables et la mise en place de contrôles internes renforcés sont des pistes qui pourraient permettre de garantir une plus grande transparence dans la gestion des fonds publics. L’introduction de plateformes numériques sécurisées, permettant de suivre les paiements et les bons du Trésor, serait également un atout pour limiter les manipulations et la fraude.


L'importance de la transparence et de la reddition des comptes

Dans ce contexte, il est indispensable de promouvoir une culture de l’intégrité au sein des institutions publiques. La transparence et la reddition des comptes doivent devenir des principes fondamentaux pour les responsables publics, et ce, à tous les niveaux de l'administration. En outre, un système de dénonciation sécurisé pour les lanceurs d'alerte pourrait jouer un rôle clé dans la détection précoce des dérives.

Un système à réformer d'urgence

Le cas de Konan Raymond met en lumière l’impérieuse nécessité de réformer le système de gestion des finances publiques en Côte d'Ivoire. Tant que des responsables comme lui continueront à agir en toute impunité, la lutte contre la corruption ne pourra être véritablement efficace. Il est temps que les autorités compétentes prennent des mesures fortes pour lutter contre la corruption à tous les niveaux, en particulier dans les collectivités locales, où les dérives sont nombreuses. L’enquête menée par L’Enquêteur pourrait bien être un tournant décisif pour restaurer la confiance des Ivoiriens dans leurs institutions et dans leur système politique.

Réalisée par L’Enquêteur, crocinfos.net, artici.info, audace tv,ledebativoirien.net



Le courrier de l’Enquêteur adressé au Président de la République à Nialé Kaba, Adama Coulibaly et au DG du Trésor


DOSSO VILLARD                                                   Abidjan le 20 novembre 2025    

Journaliste Professionnel (carte prof n° CIPJ 0623 JP)

Directeur Général du journal L’ENQUETEUR

Tel : 05 05 99 86 28          

WhatsApp : 07 89 30 83 35                                        

E-mail : dossovillard2023@gmail.com


A                                                 

                        Messieurs le président du Conseil Régional du Bélier

                         et le Directeur des Services Financiers et Comptables  

                                                                                                               


Objet : Demande d’informations et de documents

 

Messieurs

En notre qualité de journaliste d’investigation au journal L’ENQUETEUR, membre de la plateforme des journalistes d’investigations pour la promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, nous réalisons une investigation complète sur l’utilisation d’un montant de 33 millions FCFA de l’entreprise THYA-BULDING.

En tant que chef d'enquête et en application de l’Article 34 de la loi sur la Presse de décembre 2017 relative à l’accès à l’information, nous vous prions messieurs (Président du Conseil Régional et le Directeur des Services Financiers et Comptables) de bien vouloir mettre à notre disposition les informations et les documents ci-dessous mentionnés.

-L’appel d’offres

-La nature des travaux

-Le contrat qui lie le Conseil Régional à l’entreprise THYA-BULDING

-La période de réalisation des travaux

-Les photos des travaux effectués par THYA-BULDING

-Le rapport d’expertise de fin des travaux effectivement réalisés par THYA-BULDING

-Les raisons du non-paiement de la somme de 33 millions FCFA à l’opérateur depuis le 1 er Août 2024.

-Un autre opérateur du nom de Amadou Touré reproche aussi au Président du Conseil Régional du Bélier et à son Directeur des services financier et comptables de lui avoir pris aussi des millions FCfA dans les mêmes conditions. A savoir ‘’l’opération HIBOU’’. Prendre de l’argent avec un opérateur, lui remettre ensuite de vrais faux bons du Trésor comme s’il avait effectué des travaux pour le Conseil Régional.

Conformément à la loi susmentionnée, nous sollicitons messieurs le Président et le DSFC ces informations sur support numérique et physique, afin de nous permettre de recouper et de mener à bien notre investigation.

A toutes fins utiles, nous notons que cette enquête est conjointement menée avec le consortium de l’Organisation nationale des journalistes d’investigation de Côte d’Ivoire (ONJI-CI) :

-KONÉ SERIBA par ailleurs Président de l’organisation nationale des journalistes d’investigation de Côte d’Ivoire: CROCINFOS.NET

-JULES EUGÈNE N'DA, président du réseau des journalistes engagés contre la corruption et l’injustice : ARTICI.INFO

-MARCEL DEZOGNO, directeur de AUDACE TV       

-HERVE MAKRE, directeur de publication de LEDEBATIVOIRIEN.NET

Veuillez agréer messieurs, l'assurance de notre profond respect.

                                                                                                          

Ampliations :

-Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire.

-Ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly

Ministre de l’économie, du Plan et du Développement, Nialé Kaba

-Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique

-Commission d’accès à l’information d’intérêt public aux documents publics (CAIDP).

-Autorité Nationale de la Presse (ANP).